La maison de la Pinatelle et Chalinargues

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Patrimoine naturel et bâti | Activités
Chalinargues, Cantal
Église de Chalinargues
Église de Chalinargues
Au pinacle :
St-Antoine l’Egyptien
Église de Chalinargues
Cuve baptismale
Chalinargues, Cantal
Le couderc
Mons, Chalinargues, Cantal
Croix de Mons
Chalinargues, Cantal
Vaches Salers à proximité du bourg
Chalinargues, Cantal
Forêt de la Pinatelle
Forêt de la Pinatelle
Fleurs d'Aubépine monogyne
Forêt de la Pinatelle
Brame du cerf
Plateau de la Pinatelle
Oeillet des bois
Plateau de la Pinatelle
Lac du pêcher

Patrimoine architectural et bâti - patrimoine naturel

Depuis plus de vingt ans, Chalinargues, petite commune tournée vers l’agriculture, la forêt et le tourisme, a souhaité affirmer son identité rurale et faire face aux problèmes de la dépopulation en se donnant les moyens pour améliorer le cadre de vie des habitants et développer de nouvelles activités.

Ce développement passe, entre autre, par le soutien de l’activité agricole, l’aménagement des villages, la restauration et la valorisation du « petit patrimoine » bâti ou encore la création de logements sociaux, d’un atelier bois ou l’accueil d’artistes et d’artisans…

La maison de la Pinatelle, Centre de Découverte de la Nature et des Paysages cantalien, est un élément majeur de cette dynamique. Attractive et ouverte à tous, elle accueille déjà de nombreuses personnes et permet la découverte du patrimoine de notre territoire.

Un village et des hameaux rénovés

L’église de Chalinargues, monument central du village sur son promontoire, date du XII ème  siècle et possède un remarquable clocher à peigne. La décoration extérieure est peu présente mais très symbolique avec deux statues au pinacle.

Au Sud, Saint-Pierre, assis sur sa cathèdre, est tourné vers Saint-Flour et sa cathédrale Saint-Pierre.

Au Nord, Saint-Antoine l’Egyptien est le chef de fil de l’ordre des Antonins. Ces moines Antonins tentaient de soigner le mal des ardents, maladie très grave et très répandue (XIIème au XVIIIème siècle), qui se contractait à cause de l’ergot de seigle. Les Antonins ne prélevaient pas d’argent aux paysans (dîme), ils récoltaient plutôt de la nourriture et donnaient des cochons au villageois pour leur subsistance. Saint-Antoine est situé à l’exact opposé de Saint-Pierre : il regarde au Nord vers la Pinatelle en direction de la Commanderie de Saint-Antoine des Fouillades dont l’abbé dépend directement du Pape et non de l’Evêque (c’est pourquoi il tourne le dos à Saint-Pierre). Un troisième personnage, en contrebas de Saint-Pierre, représente Saint-Martin (l’église est sous son patronage). Sa place originelle n’était certainement pas ici.

L’intérieur de l’église présente un mobilier intéressant avec en particulier une cuve baptismale du XIIIème siècle classée. D’un diamètre extérieur de 1 m et haute de 0,37 m, son bord supérieur est composé d’une frise de 28 motifs variés et sa partie inférieure est divisée en 6 panneaux ornés de motifs assez mystérieux.

La place de l’église et le bourg de Chalinargues ont été rénovés et mis en valeur grâce à divers aménagements : enfouissement des réseaux téléphoniques et électriques, montée vers l’église en pas d’ânes en pierres et galets, restauration de murets de pierres sèches, réfection des rues avec pavages et caniveaux en galets… 

Dans le village, l’amélioration du cadre de vie passe aussi par la réalisation d’un plan paysager, avec plantation d’arbres et arbustes et maintien de nombreux espaces verts ou encore la restauration et la valorisation du « petit patrimoine ».

Le couderc est un espace commun au centre du village, un espace en herbe où les troupeaux pouvaient rester quelques temps et s’abreuver, donc un espace collectif et rural. Aujourd’hui encore, les animaux viennent paître et les agriculteurs s’alimentent en eau à la serve (« grand bassin ») pour les troupeaux. Il s’agit bien d’une place principale du village, où l’on trouve aussi des abreuvoirs taillés dans des blocs monolithes et un lavoir.

Les différents villages et hameaux de la commune ont aussi bénéficié de ces opérations de restauration.

C’est le cas par exemple de Nuits, Freissinet et Mazières, Lapeschaud et Tissonnières, Rancillac ou Mons avec différents éléments : abreuvoirs, travail à ferrer et fours à pain.

Le village de Mouret, récemment restauré, donne à voir de nombreux éléments de patrimoine : ses ruelles, fontaines, abreuvoirs, lavoirs…ou encore son église redonne au village tout son charme.

Les croix, présentes partout en Haute-Auvergne, sur les chemins, les entrées et sorties de villages, les places, les cimetières… sont très nombreuses sur la commune. La plus remarquable est celle de Mons, sur le couderc. Il s’agit d’une croix monumentale à raquette, classée monument historique et dont la légende raconte qu’elle a été enterrée pendant la Révolution Française pour être protégée.

Le plateau de la Pinatelle :
des paysages montagnards préservés,
un patrimoine naturel riche et diversifié

Le volcanisme et les lignes du paysage

Le plateau de la Pinatelle est situé sur le flanc Est du plus vaste édifice volcanique d’Europe :le Cantal. Ce stratovolcan cantalien s’est majoritairement construit entre –11 et –3 millions d’années, connaissant des phases mouvementées d’édification et de destruction.

Le plateau de la Pinatelle est constitué d’un empilement de coulées de laves fluides issues de nombreux points de sortie. La Roche du Pic, qui culmine à 1261 m est un exemple de centre éruptif.

A partir de -2 Ma, la région est prise par les glaciers qui remodèlent l’édifice et laissent sur le plateau de nombreuses traces d’érosion et vestiges de leur passage : cuvettes de surcreusements, dépôts de moraines ou lac de barrage morainique (Lac de Sauvages)

Au niveau paysager, il est possible de subdiviser le plateau de la Pinatelle en 2 sous-unités : d’une part la planèze de Chalinargues (secteur Sud-Est du plateau marqué par ses paysages agricoles) et d’autre part le massif forestier de la Pinatelle proprement dit (secteur Nord-Ouest).

On notera à l’extrémité Ouest du plateau de la Pinatelle un remarquable ensemble de tourbières installées dans de petites cuvettes naturelles (tourbière de Brujaleine…) et reconnues pour leurs qualités paysagère, floristique et faunistique. A l’extrémité Nord du plateau, le secteur de Fortuniès, avec ses zones humides, ses murets de pierres sèches et ses vastes prairies souvent parsemées de rochers, rappelle l’immensité des paysages irlandais.

Aux confins des Monts du Cantal et du Cézallier, le plateau de la Pinatelle procure de larges panoramas sur les paysages du Cantal et même au-delà : Margeride et planèze de Saint-Flour, Monts du Cantal, plateau du Limon, Cézallier ou encore massif des Monts Dore.

Une mosaïque de milieux naturels

D’une superficie avoisinant les 2500 ha, le Massif forestier de la Pinatelle comporte une grande diversité de milieux : forêts montagnardes, prairies sèches et humides, rochers et falaises, zones humides, ruisseaux, étangs et tourbières…

Observée de loin, la forêt de la Pinatelle apparaît homogène et compacte, en la traversant, on découvre une forêt claire de pins sylvestres accompagnée de nombreuses clairières.

Si le massif est en grande partie couvert de pins sylvestres (pinèdes ou pineraies), d’autres milieux forestiers sont présents : des bois de hêtres (hêtraies), des plantations d’épicéa (pessière) et de sapins (sapinières) ou plus rarement de mélèzes (mélézin).

On rencontre aussi des « fourrés » ou friches à buissons (noisetiers, genévriers…) qui font la transition entre les milieux ouverts pâturés et les espaces forestiers.

Les forêts du cœur de la Pinatelle, longtemps soumises au pâturage, sont anciennes (1750) et formées de peuplements clairs et maigres de Pins sylvestres. Depuis l’institution  du régime forestier (1855), la vocation principale a été la production de bois et au début du XXe siècle, le pâturage en sous-bois limite encore la régénération naturelle de la forêt.

Après la 2nde guerre mondiale, on constate une diminution du pâturage et dans les années 1970, un grand nombre de plantations sont effectuées : épicéas, sapins et quelques mélèzes sur des surfaces plus restreintes.

Aujourd’hui, le pin sylvestre est devenu l’essence privilégiée, il pousse spontanément dans la région et est indissociable des plateaux de l’Est cantalien : il témoigne du climat montagnard plus sec que sur les Monts du Cantal (dont les versants sont couverts de hêtraie, hêtraie-sapinières ou sapinières selon l’exposition).

En janvier 2002, la Charte Forestière de Territoire du Pays de Murat est signée (première en France), elle reconnaît une forêt multifonctionnelle : production de bois, protection (faune/flore/paysage) et accueil du public.

Petit aperçu d’une faune et d’une flore remarquables

La diversité des milieux naturels sur le plateau de la Pinatelle permet d’accueillir de nombreuses espèces animales et végétales montagnardes. En forêt ou le long des chemins, vous pourrez par exemple observer une grande diversité d’arbustes : Sorbier des oiseleurs ou Sorbier blanc, Groseilliers des Alpes ou à maquereaux, Sureaux noir ou à grappes, Viorne lantane, Noisetier, Prunellier, Aubépine, divers Eglantiers, ou encore des Genévriers dans les sous-bois de Pins sylvestres.

Le massif forestier de la Pinatelle est réputé pour ses populations de cervidés : cerfs et biches en nombre côtoient chevreuil et chevrettes.

Si vous avez de la chance, vous apercevrez peut-être à leur côté d’autres mammifères qui peuplent le plateau : sangliers, renards, écureuil roux, martres, hermines…

Dès le printemps, les prairies montagnardes se couvrent de fleurs comme la Pulsatile rouge, l’Orchis sureau, le Gaillet jaune ou encore l’Oeillet des bois ainsi que de nombreuses graminées.

Les tourbières, milieux naturels remarquables gorgés d’eau accueillent des espèces particulièrement bien adaptées aux contraintes de leur environnement (froid, acidité, pauvreté des sols…) : l’Andromède, la Canneberge ou encore la Droséra à feuilles rondes ou Rossolis, emblématique plante carnivore. Des animaux affrontent aussi ces conditions difficiles : le Lézard vivipare, des papillons comme le Damier des marais ou une araignée plongeuse, la Dolomède.

De nombreux ruisseaux sillonnent le plateau, ils abritent la Truite fario, le Chabot et quelquefois encore des Ecrevisses à pattes blanches. Tous témoignent, avec la Loutre d’Europe aussi présente, de la qualité du milieu.

Au bord du Lac du Pêcher, étang d’altitude en lisière de forêt, les ornithologues apprécieront la diversité des oiseaux nicheurs ou migrateurs : Grèbes, Fuligules, Sarcelles et autres canards, Chevaliers, Bécassines des marais, Bergeronnettes, Bruants des roseaux…



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