Everton 0 – 1 Arsenal. Do it for 3

Par · mars 23, 2012

Les mauvaises langues assuraient que c’était impossible. Pourtant, Arsenal est depuis avant hier soir 3ème de Premier League, derrière les 2 ogres Mancuniens. Il y a un mois, les Gunners était à 11 points de Tottenham. Quatre semaines plus tard, les hommes de Wenger, en l’emportant d’un but à rien sur le terrain d’Everton, intègrent pour la première fois le podium du championnat. La dynamique des derniers matches alliée à une défense (enfin) stable portent enfin leurs fruits. Un bon signe avant d’attaquer la dernière partie de la saison.

La compo

Ils sont présent, ils sont tous là. Non, Aznavour n’y est pour rien, mais le staff médical d’Arsenal y est pour beaucoup. En effet, désormais, les Gunners ont un back four stable depuis plus de 4 matches. Le duo Koscielny – Vermaelen, encadré de Sagna et Gibbs, forment désormais une base solide qui a une nouvelle fois été alignée mercredi soir. Devant, le classique combo Song – Arteta renforce encore la capacité de contre d’une équipe qui a souffert durant ses récents déplacements. Preuve qu’il n’est pas buté dans un unique schéma tactique, Arsène Wenger tente de nouveau de mettre en place l’organisation entrevue (et sévèrement défaite) à Milan en Ligue des Champions : bien sûr, Van Persie est en pointe, Walcott prend le couloir droit tandis que Ramsey joue milieu offensif. Mais le point intéressant est la titularisation de Rosicky à gauche, dans un rôle de faux ailiers – vrai milieu de terrain, censé accroître encore la possession de balle des londoniens.

Le match

Disons le : ce match ne restera pas parmi les plus passionnants d’Arsenal. Pour autant, le contenu et le déroulé de cette partie sont particulièrement instructifs pour comprendre la nouvelle dynamique qui permet à Arsenal d’être aujourd’hui sur le podium de la Premier League.

Les Gunners entament ce match pied au plancher, avec un rythme élevé et un pressing haut. L’un comme l’autre sont forcément conditionnés par les choix tactiques du staff londonien. Le milieu renforcé permet à la fois la récupération et la libération rapide de la balle, surtout et y compris dans les petits espaces. Et comme si cela ne suffisait pas, les plongées dans l’axe de Walcott et Rosicky libèrent les ailes en phases offensives, ce qui permet aux 2 fusées Gibbs et Sagna de prendre les espaces et venir mettre un peu plus la pagaille dans le camp adverse.  Ce qui n’avait absolument pas fonctionné contre Milan à San Siro (du fait du terrain, mais aussi de la maestria tactique des italiens) fonctionne à merveille contre les Toffees d’Everton.

Forcément, ce sont les Gunners qui se créent le plus de chances et mettent la pression sur les buts d’Howard. A peine 10 minutes de jeu et c’est déjà le 3ème corner pour les Londoniens. Côté droit, Van Persie met un bon ballon dans la surface, Koscielny fait un superbe travail d’écran et ralentit suffisamment Fellaini. Le Belge ne peut empêcher son compatriote Vermaelen de croiser  une frappe de l’arrière du crâne (8e, 1-0). Dans la foulée, Arteta trouve Van Persie, mais la frappe est repoussée, avant que Ramsey ne combine parfaitement avec son capitaine, mais frappe au dessus. Le buteur des Gunners, cible privilégiée des passes de ses nombreux partenaires forcément plus proches, est bien plus en vue. Et, quand ce ne sont pas les milieux, ce sont les latéraux qui offrent des balles de buts, telle cette série de centre de Sagna repoussés dans la panique par Everton.

Pour autant, les Toffees essaient de répondre. Après le quart d’heure de jeu, les coéquipiers de l’inébranlable Sylvain Distin tentent de ressortir en s’appuyant sur le très technique Drenthe, promu créateur en chef. Mais la vista du Hollandais et ancien Madridiste est contrarié par le juge de ligne, très tatillon sur les hors-jeu de position. En même temps, pour une fois que la règle est appliquée correctement, on ne va pas s’en plaindre. Et quand le milieu Blues parvient à trouver ses attaquants, c’est pour voir Jelavic privilégier le collage de taquet dans les cheville de Koscielny ou de Song. Ce dernier n’est d’ailleurs pas à la fête, puisque c’est une relance honteuse de sa part qui offre la meilleure occasion à Everton. Mais Drenthe est de nouveau signalé hors-jeu. De manière générale, les Toffees sont trop désordonnés pour réellement inquiéter des Gunners bien en place très sereins défensivement, même sous la pression. Koscielny s’offre même un slalom au milieu des joueurs d’Everton, avant de se faire reprendre in extrémis par Distin dans ses 35 m. Arsenal termine la mi temps comme il l’avait commencé, dans le camp adverse. Une belle transversale de Ramsey renverse le jeu vers Rosicky. Mais la demi-volée du Tchèque est bien captée par Tim Howard. Retour aux vestiaires après 45 premières minutes plutôt bien maîtrisées.

La seconde période ne changera pas la donne, même si les Toffees vont pousser un peu plus. D’habitude Pienaar, pourfendeurs des Gunners, est cette fois bien contrôlé par Sagna, dans un de ces duels physiques qu’apprécient les Anglais. Dans la foulée, le latéral s’offre aussi une belle baston aérienne avec l’immense et chevelu Marouane Fellaini. Jelavic s’offre une occasion sur un des rares centres de Baines, puis Fellaini tente sa chance à distance. Mais, Everton ne parvient pas à trouver la solution.

De leur côté, les Gunners, même s’ils restent prudent, montrent aussi une volonté de doubler la mise. Et passé l’heure de jeu, les visiteurs vont remettre une couche avec un bonne phase offensive. Arteta suit bien un corner, mais sa reprise à 25m se fait contrer. Puis, c’est au tour de Gibbs d’adresser un centre parfait dans la surface à Van Persie mais le Batave envoie un missile sur le poteau. Walcott s’offre un beau déboulé, stoppé irrégulièrement pas Pienaar, qui voit jaune. Fellaini, puis Cahill sont eux aussi obligés de commettre des fautes grossières pour tenter d’enrayer la machine rouge et blanche. Everton ne parvient plus à s’approcher du but de Szczesny et tente sa chance de loin par Baines puis Drenthe, sans succès. Wenger fait sortir Walcott puis Rosicky pour Gervinho et Djourou. Les Gunners basculent en mode contre attaque, espérant profiter des espaces laissées par leurs adversaires. 82ème minute, Everton se procure une énorme occasion avec Cahill qui remet de la tête pour Anichebe, qui venait de rentrer. Mais le Toffee voit sa tête passer au dessus. Sur le contre, Gervinho, lancé côté gauche, offre une occasion en or à Van Persie, mais le Batave glisse au moment de reprendre l’offrande. Qu’importe, Arsenal maîtrise son match et conserve son but d’avance.

Les stats du match, issues du compte twitter d’Opta :  Everton v Arsenal Shots 7-14, On target 1-4, Fouls 11-13, Offsides 10-3 Duels Won 40%-60%, Pass Accuracy 72%-80% Possession 38%-62%

Le bilan

Il y a un mois et quelques jours, sur le terrain de Sunderland, juste avant le but salvateur de Thierry Henry, Arsenal comptait virtuellement 13 points de retard sur des Tottenham Hotspur qu’on pensait intouchables. 1 mois plus tard, Arsenal repasse devant l’ennemi juré (ça n’était plus arrivé depuis août dernier) et s’empare de la 3ème place. Et cette remontée, si elle s’explique aussi par la période creuse des Spurs, ne doit pourtant rien au hasard. C’est d’abord du côté de la défense des Gunners qu’il faut chercher l’explication. Hormis la débacle de San Siro, l’arrière garde londonienne s’est montrée en nette amélioration depuis les retours de Sagna et de Gibbs, ce qui a permit d’associer de façon durable les deux terminators Vermaelen et Koscielny.

Avec cette charnière (qui a tout les atouts pour devenir la meilleure d’Europe), et de vrais latéraux de métier, les Gunners sont ainsi bien plus sereins et ont surtout retrouvé l’animation collective qui leur faisait cruellement défaut. Désormais à 100%, Gibbs se révèle non seulement un excellent contre attaquant mais également un efficace défenseur dans les un contre un. Et, son pendant côté droit n’est pas en reste, puisque Bacary Sagna a une nouvelle fois fait un match costaud : 14 duels aériens sur 17 emportés, 72 passes et 70% de réussite, auxquels il faut ajouter 3 centres. Un vrai patron.

Si la défense brille, elle est aussi bien aidé par les milieux. Song est, pour une fois, la déception du jour. En plus de relances foireuses, le Camerounais n’a pas été très en vue offensivement. Ses choix n’ont pas été forcément judicieux. Heureusement, Arteta a pris le relais, et une nouvelle fois, le travail dans l’ombre du Basque a été essentiel dans l’entrejeu. Le choix tactique de remettre Ramsey dans l’axe et Rosicky à gauche pouvait sembler étrange. En réalité, les deux milieux de terrain ont alterné les percées dans l’axe et offert un bon nombre de solutions à Van Persie, qui était du coup nettement moins isolé. Avec un adversaire utilisant très peu les ailes, plutôt que de risquer de revivre le double scénario de Sunderland où les ailiers Gunners avaient été étouffés, Arsène Wenger a préféré miser sur une tactique différente. Ce choix payant, malgré les souvenirs de l’échec de San Siro, est à mettre au crédit du manager londonien.

Arsenal s’avance donc désormais comme un sérieux prétendant à la qualification directe en Ligue des Champions. C’est un moindre mal quand on voit la saison tronquée des Gunners, qui auraient légitimement pu espérer autre chose. Le calendrier offre de belles opportunités aux Cannoniers, avec toutefois des déplacements compliqués comme celui de Stoke. Certes, les Gunners doivent encore jouer Manchester City et Chelsea, mais ce sera à la maison. Et bien sûr, la perspective de finir devant Tottenham est en soi, pour tous les fans, une belle récompense à l’issue de la saison. Le chemin reste long, mais la motivation et la confiance sont grandes.

COME ON GOONERS !

Et en attendant, n’oubliez pas le concours Groover, et faites un tour chez nos amis de Hors-Jeu, où la Gunners Académie met les petits plats dans les grands

Gooner de 36 ans, fan d'Arsenal depuis 1994. Diplômé de la Wenger High School, mention "arbitrage douteux". Bergkampien d'honneur et Titihenryste convaincu

Commentaires1 Comment

  1. Ramones Museum dit :

    ouaip pas le meilleur match des gunners! mais victoire!!! :) pour song j’ai adore quand a la fin du match ya un contre hyper interessant a jouer et qu’il prefere aller gagner du temps vers la touche!!
    Hate d’etre demain pour voir l’emirates et nos gunners

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