Plus le choix. Avec 1 point en 12 matches, Arsenal s’enlise loin de l’objectif de la 4ème place. La victoire attendue mercredi contre Bolton a finalement accouché d’un nul frustrant. Si les intentions sont présentes dans le jeu, la réussite et l’adresse manquent à des Gunners qui vont devoir désormais jouer chaque match comme une finale de Cup.
La compo
Peu de changement dans le XI type depuis le match de Cup contre Aston Villa. Arteta et Sagna font leur retour dans un collectif qu’Arsène Wenger veut visiblement péréniser, au risque d’engendrer fatigue et blessure. Une prise de risque maximum mais qui semble nécessaire pour permettre un retour des automatismes et donc de la réussite. Détail important : la présence du jeune Chamberlain, titulaire pour la 3ème fois de suite, confirmant la disgrace d’Andrei Arshavin auprès du manager.
Le match
Une fois passée la mauvaise surprise de constater qu’aucun diffuseur ne retransmettait le match en direct, j’ai enfin pu me poser devant le match. J’ai été heureux découvrir ce que j’appelais de mes voeux depuis des semaines. Enfin, le retour d’un latéral de métier, en l’occurence Sagna, qui a permis de retrouver les fondamentaux du jeu d’Arsenal : jeu rapide vers l’avant, dédoublement, centre ou percussion. Et bien que revenant de blessure et encore un peu juste, Sagna a pourtant été un des joueurs clefs d’Arsenal sur cette rencontre (on y reviendra dans le bilan). Las, si amélioration dans le jeux il y a eu, les carences offensives demeuraient toujours. D’autant que le projet de jeu de Bolton n’avait rien de bien spectaculaire : un groupe compact sur 2 lignes, et le seul N’Gog devant pour aller au charbon. Les Wanderers abandonnent ainsi la balle à l’adversaire et attendent dans leur moitié de terrain. Les sorties de balle se font principalement par Davies et Reo-Cocker dans l’axe. L’inconvénient pour Arsenal, c’est que la concentration du jeu mobilise ses 3 milieux de terrain et oblige Van Persie à décrocher plus souvent que nécessaire. L’avantage, est que Koscielny et Mertesacker n’ont que N’Gog a gérer (ce qui n’est pas simple tout de même) et peuvent donc se projeter vers l’avant en phase offensive (enfin surtout Koscielny, le Per devant traîner sa « caravane »). De plus, Bolton est nettement moins présent sur les ailes, ce qui permet à Chamberlain et Walcott de prendre les espaces. Démonstration dès le premier quart d’heure, avec Van Persie, positionné sur l’aile gauche, qui offre une passe en or pour Walcott, plein axe, parti à la limite du hors-jeu. Mais l’attaquant anglais rate complètement son 1 contre 1 avec Bogdan. Arsenal est en jambe et pour une fois depuis plusieurs matches, l’animation offensive semble être fluide : Chamberlain tente aussi sa chance à l’entrée de la surface, puis c’est au tour de Ramsey. Et, pour finir, c’est Mertesacker qui, oublié au second poteau de Bogdan, nous offre une tentative de contrôle poitrine qui aurait dû (enfin on imagine) être suivie d’une frappe. Seul résultat, un début de distorsion des lombaires de l’Allemand. Malgré la possession de balle et des occasions, Arsenal ne trouve pas le chemin du but. Toutefois, N’Gog de son côté pose pas mal de souci à Koscielny, qui, pour une fois n’a pas vraiment dans son match. L’ancien Parisien et Scouser confirme qu’il a sa place dans la hiérarchie des attaquants de Premier League. Il va notamment tenter un coup du sombrero suivi d’une frappe qui rase le poteau de Szczesny. Le match serait presque plaisant, ne manque que les buts, mais ils ne viendront pas. Le temps pour Davies de se rendre coupable d’une simulation honteuse qui rapporte un carton injuste à Vermaelen. La mi-temps arrive, l’air de rien, comme pour rappeler une nouvelle fois aux Gunners que « dominer n’est pas marquer ».
La seconde période repart sur les même bases, avec une volonté des milieux d’Arsenal de monter d’un cran, histoire de mettre la pression sur la première ligne de défense des Wanderers. Mais, en contre partie, Arsenal va prendre le risque de laisser Davies et Reo-Cocker dans le dos de ses milieux. Résultat, c’est Bolton qui revient bien en seconde période, avec une occasion de l’inévitable N’Gog, servi par… Davies. S’ensuit alors une longue séquence stérile, durant laquelle les deux équipes se lancent dans un concours de hors-jeu, preuve de la volonté de tenir le jeu haut sur le terrain. Heureusement pour les spectateurs au bord de la narcolépsie, Sagna décide de mettre un peu de mouvement et de rythme. Le défenseur Français offre un centre tendu premier poteau que Van Persie ne se prive pas de reprendre. Mais le Batave touche du bois. On revient dans l’axe – dans la continuité- avec Ramsey qui décale Walcott à l’angle gauche de la surface, pour une frappe malheureusement non cadrée. Arsenal en remet une couche sur une série de corner, mais Koscielny ne cadre pas sa tête non plus. Le temps fort d’Arsenal se termine pas une frappe au dessus de Ramsey, bien décalé par Song. Dans la foulée, Wenger décide de faire sortir Chamberlain, auteur une nouvelle fois d’un match convaincant mais encore court physiquement, et lance Henry dans l’arène. Et dans la plus pure tradition du « Arsène Time », le match va entrer dans les 10 dernières minutes en fanfare, avec un geste de grande classe de Van Persie. Le numéro 10 d’Arsenal voit du coin de l’oeil (et à travers un embouteillage de joueurs) que Bogdan est trop avancé. De 3/4 face au but, RVP tente un lob qui échoue cette fois ci sur… la barre. Walcott se retrouve à la retombée, mais rate complètement sa demie-volée. Nous finirons ce match par une action litigieuse offerte par Szczesny et une interposition discutable, face à Davies, de Mertesacker. Plus rien ne se passera et les adversaires du jour partageront donc les points. Une opération qui n’arrange personne, surtout pas Arsenal, qui rate une nouvelle fois la possibilité de profiter des faux pas de ses rivaux.
Les stats du matches (issues du compte twitter d’Opta) : Bolton v Arsenal Shots 12-16, On target 3-4, Fouls 9-11, Duels Won 47%-53%, Pass Accuracy 67%-82%, Possession 35%-65%
Le bilan
Que dire ? A 5 points de la 4ème place, en concurrence avec 4 équipes, à 14 journées de la fin, Arsenal n’a plus de marge de manoeuvre. Et va devoir, dixit Wenger, « jouer tout ses prochains matches de championnat comme des finales de Cup« . La pression va être constante, et il va falloir pas mal de caractère et de mental aux Canonniers. Pas sûr que pour certains cela représente le meilleur moyen de s’améliorer. Ramsey et Walcott entre autre, vont malheureusement continuer à être au centre des critiques de nombreuses personnes. Une tendance quelque peu injuste lorsque l’ont sait par exemple que le Gallois était l’un des meilleurs passeurs de son équipe lors du match face à Bolton (58 passes et 84 % de réussite) et que Walcott vendange nettement moins qu’il n’y paraît. Mais le fait remarquable de ce match réside tout de même dans la performance de Sagna. Le latéral français, non content de faire preuve d’un état d’esprit irréprochable – qu’on souhaite voir plus souvent d’ici la fin de la saison – a clairement marqué son retour : 55 passes, 89% de réussite, 2 centres dont 1 quasi décisif (le poteau de Van Persie), une omniprésence en défense et 90 mn sans faillir. Ashburton Grove lui consacre d’ailleurs un long focus pour son retour et étudie son impact sur le match. Pas de doute, Baky est de retour et, avec lui, la sérénité défensive augmente un peu plus. Le clean sheet d’hier est de ce point de vue une bonne nouvelle. Le manager londonien ne cachait certes pas son amertume après le match : « On a laissé filer 2 points, nous aurions dû transformer nos occasions. On trouve les poteaux par 2 fois, on rate des opportunités. On termine le match avec 4 attaquants, on prend tous les risques et on manque de se faire avoir en contre en fin de match« .
Il est vrai que côté attaque, c’est la « soupe est à la grimace ». Walcott sans efficacité, Chamberlain encore trop tendre; ne reste que Van Persie. Auteur de gestes de classe, le Batave a définitivement le talent pour mener l’attaque des Gunners. Néanmoins, on espère que ce sera le cas encore longtemps. Mais la réalité est aussi au constat pour RVP : depuis plusieurs matches, il ne parvient plus à être décisif, ne profite pas des largesses de certaines défenses, et pêche trop souvent par un manque criant de mouvement sur les phases offensives. Le point positif du match de Bolton, c’est son rôle de passeur, avec 4 « key passes », c’est à dire passe quasi décisives. D’ailleurs, c’est dans un rôle de quasi ailier que Van Persie a offert ses caviars, preuve de la réelle possibilité de le voir jouer dans cette zone, permettant à un Park ou à un Chamakh de prendre l’axe. Fin de la parenthèse des rêveries tactiques.
Quoi qu’il en soit, Arsenal est désormais dans l’obligation de produire du jeu et de faire des résultats, en priorité à domicile. Et cette mission se fera avec le soutien de tous les fans : enchaîner les matches, faire les comptes à la fin de la saison et surtout arrêter de se lamenter sur le classement. Début du combat samedi contre Blackburn
COME ON YOU GUNNERS !















